Mécanisme Européen de Stabilité (MES)


Le MES, successeur du FESF

Le fonds européen de stabilité financière (FESF) – une société de droit privé luxembourgeois – a été créé en tant que solution temporaire au problème des dettes souveraines dans la zone euro, afin d’éviter l’apparition de nouvelles crises comme celle à laquelle fut confrontée la Grèce, notamment après 2010.

Le FESF a été ainsi le dispositif qui a été utilisé – pour un montant d’aide total de près de 190 milliards d’euros – dans les opérations de sauvetage de la Grèce (144,6 milliards), de l’Irlande (17,7 milliards) et du Portugal (26 milliards). En cas de défaut futur dans le remboursement de ces montants, ce sont les autres Etats-membres, seuls actionnaires du FESF, qui devront se substituer à(aux) l’Etat(s) défaillant(s).

En octobre 2010, la mise en place d’un dispositif permanent a cependant été décidée, le Mécanisme européen de stabilité (MES ou ESM en anglais). Entré en action le 8 octobre 2012, il a pris le relais du FESF en ce qui concerne les plans de sauvetage au sein de la zone euro. Ce dernier a d’ailleurs arrêté tout nouveau programme d’aide depuis le 1er juillet 2013.


La part du financement provenant d’Etats-membres en difficulté

Le financement du MES – pour un montant total de 700 milliards d’euros – provient des Etats-membres de la zone euro qui, à l’image du FESF, sont ses actionnaires. De ses 700 milliards, seuls 80 milliards seront à terme – i.e. en 2014 – effectivement payés, et ce en plusieurs tranches. Le reste, soit la majeure partie (620 milliards), représente des promesses de la part de ces États – en fonction d’une clé de partage préétablie – de verser des capitaux supplémentaires en cas de besoin.

Il est à noter que parmi les pays qui promettent de financer les opérations du MES se trouvent tous ceux qui ont été touchés par la crise économique et financière. Par exemple, la Grèce y est engagée pour près de 20 milliards d’euros (soit 2,8% de l’ensemble des contributions), alors qu’elle a dû recevoir de l’aide pour être sauvée de la faillite elle-même.

En ajoutant les autres pays en cours de sauvetage – Portugal, Irlande, Chypre et Espagne – ainsi que ceux qui sont pressentis comme les possibles futurs bénéficiaires du MES (Italie et Slovénie), la part de l’ensemble des États-membres en difficultés dans les financements du MES monte à 37,4% (voir Tableau ci-dessous), soit près de 262 milliards d’euros.

Tableau : Contributions des Etats-membres au MES

Source : Site officiel du MES, 2013.

La question ainsi demeure de savoir comment des États qui bénéficient, ou bénéficieront, des aides du MES pourront en même temps y contribuer, et ce dans une proportion aussi importante. En cas de difficulté majeure – par exemple si l’Italie doit être sauvée – le poids du sauvetage retomberait sur les autres grands pays perçus comme « solvables », i.e. l’Allemagne et la France, pourtant ayant eux aussi à gérer leur propre dette publique, atteignant respectivement déjà 82% et 90% en 2012.

L’autre option à laquelle les pouvoirs publics risquent de recourir c’est d’utiliser la Banque centrale européenne (BCE) et sa « planche à billets » (création monétaire pour intervenir par exemple sur le marché obligataire). Pour se protéger contre cette inflation et le risque systémique dans la zone euro, les acteurs sur les marchés et les investisseurs se tourneront très probablement vers des investissements libellés en d’autres devises (par exemple le dollar) ou vers des « valeurs réelles » tel que l’immobilier ou l’achat d’or physique (valeur refuge).


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