Perte du pouvoir d’achat de l'euro


La dévalorisation des monnaies-papier

A l’image des autres monnaies-papier – telles que le dollar, la livre anglaise, le yen, le franc suisse, etc. – le pouvoir d’achat de la monnaie unique européenne dépend étroitement des quantités d’euros nouvellement créées par la Banque centrale européenne (BCE) et le système bancaire. Cette création monétaire inflationniste (on parle souvent de faire « tourner la planche à billets ») cause une perte de pouvoir d’achat pour les détenteurs d’euros déjà en circulation et une pression à la hausse des prix des biens et services dans l’économie.

Le taux d’inflation, publié régulièrement par les autorités, permet de faire une première estimation de cette perte de pouvoir d’achat subie par les acteurs économiques, même si celle-ci n’est jamais donnée par les organismes officiels. A cet égard, il faut noter que l’un des objectifs de la BCE consiste, comme le précise expressément son Conseil des gouverneurs, à viser une dépréciation de l’euro pouvant aller jusqu'à 2%. Une perte de pouvoir d’achat – correspondant à ce taux d’inflation – est donc inscrite dans le mandat-même de la BCE.

Dans la réalité, cependant, cet objectif n’a pas toujours été tenu, voire le contraire. De fait, le taux d’inflation a atteint les 3,3% en 2008, soit un dépassement de l’objectif officiel de 65%. De plus, il n’a pas été respecté dans 80% des cas depuis 1999 quand l’euro a été introduit (voir Tableau ci-dessous).

Figure 1 : Taux d’inflation annuel dans la zone euro

Source : Eurostat, 2013.


Taux d’inflation et perte de pouvoir d’achat de l’euro

Mais à quelle perte cela correspond-il en termes de pouvoir d’achat ?

En effet, il n’y a pas de statistiques officielles qui donnent le chiffre correspondant à cette perte. En réalité, dans ces statistiques le pouvoir d’achat est, au contraire, gardé constant et c’est le montant en euros lui correspondant qui varie plus ou moins (en fonction du taux d’inflation).

Or, pour connaître la perte de pouvoir d’achat de la monnaie – telle que reflétée par un taux d’inflation donnée – il faut procéder à l’envers. En utilisant les données officielles de l’inflation, il s’avère qu’en 2012 la perte est ainsi de 25% depuis l’introduction de l’euro (voir Figure 1). Autrement dit, un billet de 100 euros n’achète plus que 75% du panier de biens et services qu’il achetait avant l’introduction de la monnaie unique.

Figure 2 : Perte du pouvoir d’achat de l’euro (en %)

Source : Eurostat, 2013.

Présenté ainsi, il est facile de constater que sur un horizon temporel d’une quinzaine d’années – assez normal pour un investisseur ou un épargnant – la perte est substantielle, soit plus d’un quart du capital ou des économies, mis de côté. Par conséquent, même en absence d’une forte inflation, la politique de création monétaire débouche sur une érosion continue de la valeur réelle du capital et de l’épargne des acteurs économiques.

Conscients de ces conséquences néfastes pour leur patrimoine, et afin de le protéger contre l’inflation, certains investisseurs sont ainsi tentés d’investir dans des actifs alternatifs qui maintiennent leur valeur au fil du temps (achat d’or, immobilier, investissements diversifiés, etc.).


Liens d'intérêt concernant l’émission et l’impression des billets en euros


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